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VERS UN V4 VERT ? LE GROUPE DE VISEGRAD A LA CROISEE DES CHEMINS VIS-A-VIS DE LA TRANSITION VERTE.

  • Photo du rédacteur: Observatoire Scientifique
    Observatoire Scientifique
  • il y a 4 jours
  • 5 min de lecture

La part d’énergies renouvelables produites en Slovaquie représentait 17,4 % de sa production totale en 2024, alors que le Green Deal européen fixe un objectif de 42,5 % en 2030. Ceci fait de la Slovaquie le pays le plus en retard dans la transition énergétique parmi les autres membres du V4, précédée par la Hongrie, puis la Pologne et enfin la Tchéquie, en tête avec 19,6 %. Ces chiffres, en décalage avec la moyenne européenne (25,4 % en 2024), interrogent la gestion des dynamiques de la transition verte et la concrétisation du Green Deal dans le groupe de Visegrád.


La Slovaquie attaque le Green Deal


La Slovaquie met en place des mesures pour prôner la réduction des émissions de carbone. À titre d’exemple, les autorités ont instauré des quotas à partir de 2026 pour les firmes les plus polluantes, tant que celles-ci n’ont pas de plan de décarbonisation. Par ailleurs, la stratégie slovaque pour entamer une transition écologique repose sur l’énergie nucléaire, comptant pour 60 % de sa production d’électricité. Cependant, bien que le fonctionnement des centrales nucléaires ne rejette aucun CO₂, l’extraction de l’uranium et la gestion des déchets radioactifs restent problématiques. Cela explique notamment que l’énergie nucléaire est classée parmi les énergies de transition, et non les énergies vertes dans le Green Deal.

D’autre part, la Slovaquie explore actuellement des sources renouvelables telles que l’hydraulique grâce à des centrales hydroélectriques (15 % de l’électricité produite) comme celle de Gabčíkovo. De plus, d’autres projets dans le développement des énergies renouvelables étaient prévus dans le cadre du plan national pour la neutralité climatique INEKP de 2020. Ce plan a pour objectif la neutralité carbone en 2050 et le pourcentage global d’énergies renouvelables envisagé par l’Union européenne est fixé à 32 % d’ici 2030.


Le secteur éolien retardé

La Slovaquie présente notamment un secteur éolien sous-développé essentiellement dû au fait que le potentiel éolien slovaque reste peu étudié. En effet, la République slovaque compte actuellement 9 éoliennes sur son territoire, par rapport à près de 1 500 chez son pays voisin, l’Autriche. Malgré le fait que l’INEKP ait prévu un développement significatif du secteur, avec notamment de nouveaux parcs éoliens, l’objectif slovaque pour la part d’énergies renouvelables produites s’élève seulement à 19,2 % d’ici 2030. Ce taux est jugé comme insuffisant par la Commission de l’Union européenne, ce qui contribue aussi à un renforcement de l’euroscepticisme de la part du gouvernement.


En plus de ce retour de la Commission qui n’a pas été pris en compte, le gouvernement maintient une position sceptique face au développement des énergies renouvelables, ce qui se traduit actuellement par une stagnation des projets, dont le projet de subvention sera conclue en 2026.


Le nucléaire : le plus grand responsable de la production de l’énergie en Slovaquie


En parallèle, la Slovaquie continue de développer la production d’énergie nucléaire, avec l’apparition récente d’un quatrième réacteur à Mochovce, permettant de couvrir une grande part des besoins énergétiques du pays en 2026. De plus, des projets novateurs visant à construire des réacteurs modulaires de petite taille (SMR) sont soutenus par la politique et par le fournisseur d’électricité slovaque, Slovenské elektrárne. Ces réacteurs, ayant obtenu des financements internationaux à hauteur de 5 millions de dollars, s’inscrivent alors dans une dynamique de renforcement et d’autonomie du secteur nucléaire en Slovaquie, afin d’être équipée face à l’augmentation de la demande d’électricité prévue.


En développant les SMR, la Slovaquie cherche à réduire sa dépendance aux importations d’hydrocarbures acheminées notamment par l’oléoduc Droujba, longtemps central dans l’approvisionnement régional. Ces nouveaux réacteurs participent ainsi à une stratégie plus large de sécurisation et de souveraineté du secteur nucléaire slovaque. Bien que cela soit une source d’énergie favorisant la décarbonation, cela reste une énergie non renouvelable allant a contrario de la transition verte.


Les dynamiques du V4


Les pays du groupe de Visegrád abordent la transition verte avec un retard distant par rapport aux autres membres de l’Union européenne. La part des énergies renouvelables dans la consommation finale reste globalement modérée. Cet écart s’explique par un héritage industriel dépendant du charbon, en particulier pour la Pologne et la Tchéquie. Malgré cela, tous les pays du V4 sont engagés dans une diversification progressive de leur répartition des sources d’énergie, combinant élimination partielle du charbon, adoption du nucléaire comme pilier de sécurité énergétique à long terme et, par-dessus tout, un développement des énergies renouvelables.


La production d’énergie nucléaire contre les énergies renouvelables


Le nucléaire occupe une place centrale dans les stratégies nationales. La Slovaquie et la Hongrie disposent déjà de parcs nucléaires dominants comme ceux de Bohunice ou Paks. En outre, la République tchèque et la Pologne misent sur une forte expansion de ce secteur, sur la sécurité de l’approvisionnement et sur la réduction des émissions. En même temps, le développement des énergies renouvelables se déploie de manière inégale : la Pologne se distingue par une amplification importante du solaire et de l’éolien offshore, ayant même dépassé le charbon dans la production électrique. En revanche, la Tchéquie et la Hongrie avancent plus graduellement et la Slovaquie reste freinée par des débats tarifaires et de politiques publiques. Ces trajectoires illustrent une tension continue entre les solutions centralisées (nucléaire) et les alternatives renouvelables.


Quelles énergies sont une alternative au nucléaire ?


De plus, plusieurs études soulignent que les pays du Visegrád ont un fort potentiel pour des centrales énergétiques fondées sur une combinaison de solaire, d’éolien et de stockage chimique, considérées « contrôlables ». Il se pourrait donc que ces systèmes constituent une alternative au nucléaire. Dans cet élan, des dynamiques récentes montrent que les pays du V4 s’orientent aussi vers l’hydrogène, pouvant contribuer à la décarbonation de l’industrie et à la stabilité des systèmes énergétiques. La Pologne, 5e producteur mondial d’hydrogène, se démarque par rapport aux autres pays qui avancent à un rythme prudent et utilisent l’hydrogène uniquement en tant que complément. La transition verte dans les pays du V4 est en voie d’amélioration grâce à de nombreux projets innovants aboutis et à venir.


Pour conclure, le European Green Deal lancé par la Commission européenne représente un tournant majeur pour les pays du Visegrád. Même si la part des énergies renouvelables augmente, elle reste en dessous de la moyenne européenne, selon l’Agence européenne pour l’environnement. Cela montre un certain retard dans la transition. Cependant, à travers les stratégies nationales, ces pays commencent à adapter leurs politiques aux objectifs européens. Ainsi, la transition verte dans le V4 reste un défi d’ampleur, renforcé par l’instabilité des relations internationales.

 important, mais aussi une opportunité pour moderniser leurs économies et s’inscrire pleinement dans l’avenir climatique de l’Union européenne.

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